Garantir la demande pour électrifier durablement la RDC
En République Démocratique du Congo, l’accès à l’électricité reste très limité. En 2024, seuls 22,5% de la population du pays avaient accès à l’électricité, l’un des taux les plus faibles d’Afrique. Le développement de mini-réseau est une des réponses apportées pour améliorer l’accès au service.
Le consortium Moyi Power s’est vu attribuer en 2021 la concession d’un mini-réseau solaire hybride dans les villes de Gemena, Isiro et Bumba, pour desservir 1,5 million d’habitants sur les 20 ans du contrat. Le projet mise aussi sur la cuisson électrique (e-cooking) pour remplacer le charbon de bois.
Ce type de projet se heurte cependant à un risque qui freine les investisseurs : et si la consommation était inférieure aux prévisions ?
Pour atténuer ce risque, la Banque mondiale met en place un instrument de couverture du risque de demande (Demand Risk Instrument, DRI). Ce mécanisme de garantie de demande est doté de 30 millions USD du Green Climate Fund, dans le cadre de l’initiative SRMI et du projet AGREE.
Le principe de la garantie est de combler l’écart entre un revenu minimal seuil et le revenu réel pendant les 7 premières années d’exploitation.
Ce mécanisme rassure les prêteurs, réduit le coût du financement et permet de mieux dimensionner les centrales à la demande future. À la clé, des tarifs plus accessibles pour les usagers.
Toute la garantie repose donc sur la solidité des projections de la demande. Aux côtés d’Artelia, Phœnix a été retenu par la Banque mondiale pour vérifier et simuler les scénarios de demande de manière indépendante.
Notre mission a consisté à :
- analyser la méthodologie de projection de l’opérateur et les enquêtes de terrain sur lesquelles elle repose (demande exprimée, consentement à payer, segmentation des clients, adoption de l’e-cooking) ;
- comparer ces projections avec des projets similaires dans d’autres régions ou pays similaires ;
- identifier les scénarios de demande qui pourraient déclencher la garantie sans raison valable, et recommander des ajustements pour la calibrer de façon juste et prudente.
Un exemple concret de la manière dont la finance climat peut lever les verrous à l’investissement privé dans l’accès à l’énergie.
