Opération en subvention dans le secteur de l’assainissement autonome à Nairobi au Kenya
«Let’s talk shit» C’est par ces mots que Lindsay Stradley, co-fondatrice de Sanergy, nous embarque dans son plaidoyer sur la nécessité d’agir pour la gestion des boues de vidanges dans les bidonvilles du Kenya.
Sanergy porte depuis 10 ans un projet ambitieux dans 2 bidonvilles de Nairobi, allant de la fabrication de toilettes à la transformation des excreta en produits commercialisables. Financé par des « charities » américaines, le projet espère impliquer les autorités kenyanes pour trouver son équilibre. L’évaluation de ce projet par Phœnix fait ressortir au moins deux choses : les boues de vidange en milieu urbain ne bénéficient toujours pas d’un cadre institutionnel favorable à une gestion appropriée. Un seul exemple : le métier de vidangeur manuel n’est officiellement pas autorisé, les contraignant à la clandestinité ; la société civile et les privés peuvent être moteurs pour progressivement bouger les lignes. Le chemin parcouru par Sanergy est évocateur : le projet gère aujourd’hui la collecte des excreta de 3 000 toilettes, concernant 120 000 personnes, et permet leur transformation en aliments pour bétail et compost biologique.
Même si le modèle économique est encore fragile, ces performances donnent de l’espoir dans ce secteur où il reste tant à faire !
