Quel est le juste prix de l’eau potable et de l’assainissement en Mauritanie ?
C’est une question sur laquelle notre équipe travaille depuis novembre 2025. En Mauritanie, comme dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, les tarifs de l’eau potable et de l’assainissement n’ont pas été révisés depuis de nombreuses années. Or, dans le même temps, les réseaux s’étendent, des programmes d’investissement ambitieux sont lancés et les performances des opérateurs peinent à s’améliorer. Dans ce contexte, la question du financement du secteur et notamment de la tarification devient centrale pour assurer la pérennité des services.
Financée par l’AFD, à la suite des recommandations du FMI relatives à la réforme des subventions à l’eau et à l’assainissement, Phoenix a été mandaté pour développer le modèle financier et réaliser une étude tarifaire pour les sous-secteurs de l’hydraulique urbaine, de l’hydraulique rurale et de l’assainissement collectif. Nous travaillons en collaboration avec l’ensemble des acteurs : Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement (MHA), Autorité de la régulation (ARE) et opérateurs publics (Société Nationale D’Eau, Office National des Services d’Eau en milieu Rural , Office National d’Assainissement).
Nous avons commencé par établir un diagnostic recensant d’un côté, l’ensemble des infrastructures, projets et coûts constituant l’offre et de l’autre l’ensemble des facteurs de la demande. Sur cette base, un modèle technico-financier a permis d’estimer un tarif moyen de référence, présenté au comité de pilotage fin janvier. Le travail consiste désormais à proposer plusieurs scénarios de structures tarifaires conciliant équité sociale et viabilité financière. Forts de plusieurs expériences en études tarifaires pour le secteur de l’eau au Burkina Faso, au Bénin, au Sénégal, notamment, nous avons pu réaliser un benchmark des grilles tarifaires appliquées dans des pays voisins ainsi que dans d’autres régions du monde, pour alimenter la réflexion.
De telles réformes tarifaires sont indispensables pour réduire la dépendance des sous-secteurs aux subventions publiques – a minima pour l’exploitation et l’entretien des infrastructures – tout en garantissant l’équité, ainsi que pour renforcer la gouvernance du secteur.
📸 : Bareina, Mauritania, Ferdinand Reus, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0
